#1 Histoires d’ailleurs...au Burundi: Les taxis-moto renoncent à cause de la corruption

bg-image Publié le 1 Mars 2016 dans Histoires d'ailleurs
Les taxis-motards du chef-lieu de la province de Makamba sont en train d'abandonner leur activité.
Certains de ceux qui exerçaient encore récemment ont expliqué à SOS Médias Burundi qu'ils ont préféré arrêter à cause des pots de vin exigés par la police.
 
"On ne peut pas continuer ainsi. On travaille à perte. En vous mettant en route le matin, vous vous exposez à de lourdes amendes", indique un motard écœuré. "Chaque policier, en uniforme ou en civil te demande de l'argent, il n'accepte pas moins de vingt mille francs burundais (environ 13 US$). Et tout ça, sans quittance", ajoute-t-il.
Un autre motard rencontré dans une petite boutique qui a opté pour un petit commerce nous explique : "Je pouvais payer cinquante mille francs (environ 53 US$) voir plus par jour. Imaginez cette somme donnée aux policiers sans quittance ! Heureusement que la moto était la mienne. Pour ceux qui doivent verser en plus à leurs patrons, c'est terrible ! Moi, j'ai préféré vendre ma machine et j'ai installé un petit commerce". Et de conclure : "Acheter une moto pour faire taxi aujourd'hui, c'est travailler pour les policiers."
Un troisième révèle une corruption en chaîne : "Du simple agent à l'officier, tous nous volent ! Avec l'absence de quittance, on ne peut plus se justifier auprès de nos patrons. Il nous arrive de passer toute une semaine sans versement", s'indigne cet homme qui songe à renoncer.
 
Les motards affirment que le nombre d'utilisateurs de motos a sensiblement diminué à cause de cette corruption galopante. Selon eux, la seule commune où cela se passe plutôt bien est Nyanza Lac. "Il suffit d'un versement de cinq mille francs burundais (environ 53 US$) au chef de poste par moto et par mois pour travailler tranquillement, précisent-t-ils.
Article écrit par SOS Medias Burundi
Photo: ©DWJ Johannsen