#3 Histoires d'ailleurs... en Afrique du Sud: Comment une simple avocate est-elle devenue une figure à abattre?

bg-image Publié le 15 Juillet 2016 dans Histoires d'ailleurs

Le mandat de sept ans de Thulisile « Thuli » Madonsela au poste de médiatrice de la république en Afrique du Sud prendra fin en octobre 2016. Son poste consiste notamment à restaurer un état de droit et une bonne gouvernance dans le pays. Durant ses sept années de mandat, elle a dû faire face à des attaques personnelles et à des intimidations étant donné que les enquêtes qu’elle effectue se penchent principalement sur des suspicions de mauvaise conduite, des abus de pouvoir et sur la mauvaise qualité de l’administration à tous les niveaux, y compris celui de la présidence. Mais sa ténacité et ses succès ont ravivé l’optimisme dans le pays et ont permis aux gens de croire qu’ils peuvent compter sur le poste de médiateur de la république.

La plupart des rapports que la médiatrice de la république reçoit concerne des personnes ordinaires. Mais en 2014, c’est elle qui publie un rapport révélant que le président de la république M. Jacob Zuma a bénéficié de fonds publics dépensés pour sa résidence secondaire. Suite à ce rapport il a présenté publiquement ses excuses et doit aujourd’hui rembourser une partie de la somme.

Depuis Thuli Madonsela vit dans la peur. Le 1er avril 2016, elle a été informée par la police qu’un gang du sud du pays a été payé 50.000$ pour en finir avec sa vie. Elle a demandé la protection de la police qui a minimisé la menace.

Par ailleurs, certaines critiques accusent Thuli Madonsela de vouloir se mettre en valeur sous les projecteurs des médias et que ses enquêtes contiennent des erreurs. Le porte-parole de la ligue des jeunes communistes (Young Communist League of South Africa), Khaya Xaba a aussi déclaré que Mme Madonsela a dépassé les bornes en ridiculisant et en embarrassant le Président.

Face à ces accusations, l’avocate a répondu qu’elle ne voit pas l’Afrique du Sud s’engager sur la voie d’un état de droit. « Ce n’est pas réellement une culture de l’impunité » a-t-elle déclaré et elle a ajouté : « ce que vous voudriez voir c’est une situation où tous les citoyens sont égaux, où chacun est soumis à la loi, et chacun doit rendre des comptes de ses actions qu’il soit en de bons termes avec ceux qui sont au pouvoirs ou non ».

 

Pour plus d’informations vous pouvez l’article détaillé (en anglais) du Washington Post en cliquant sur le lien suivant : https://www.washingtonpost.com/world/africa/how-a-quiet-wonky-lawyer-became-south-africas-corruption-buster/2016/06/12/5c3be154-2dc7-11e6-b9d5-3c3063f8332c_story.html

Et l’article (en français) de BBC Afrique : http://www.bbc.com/afrique/region/2016/05/160509_africa

Photo credit: Liza van Deventer