#7 Histoire d’ailleurs :…En Allemagne : Intégrité : Un lanceur d’alerte, ex-employé de banque, refuse une récompense de 8 millions de dollars pour avoir alerté de malversations financières au sein de la Deutsche Bank.

bg-image Publié le 7 Octobre 2016 dans Histoires d'ailleurs

Le lanceur d’alerte M. Eric Ben Artzi, après avoir dénoncé des irrégularités comptables au sein de Deutsche Bank, a refusé 8,25 millions de dollars, soit 15% du montant de l’amende que la Deutsche Bank a dû payer pour avoir dissimulé des pertes lors de la crise de 2008. La règlementation aux Etats-Unis récompense les lanceurs d’alertes permettant aux autorités de lutter contre la fraude.

M. Eric Ben Artzi était un analyste de risques au sein de la Deutsche Bank. En 2011, il a été licencié après avoir informé sa hiérarchie au sujet d’irrégularités comptables au sein de la banque. Par la suite, il a fourni des informations au gendarme boursier Securities and Exchange Commission (SEC) sur la dissimulation par la banque allemande de pertes durant la crise de 2008. La SEC a ainsi procédé à une enquête aboutissant à une amende de 55 millions de dollars. Mais Eric Ben Artzi a refusé sa récompense !

Dans une lettre publiée par le quotidien économique britannique « Financial Times », il explique les raisons de ce refus : « Je ne veux pas participer au vol des gens que j’ai été chargé de protéger. Je refuse de prendre ma part. Les dirigeants (NDLR : de la Deutsche Bank) sont partis à la retraite avec plusieurs millions de dollars. Il est décevant que la SEC ait infligé une amende aux actionnaires plutôt qu’aux dirigeants responsables.» poursuit-il. Aussi, il a demandé que sa part soit attribuée aux actionnaires de la Deutsche Bank, qui, selon lui, sont les victimes dans cette affaire. En effet, la Deutsche Bank a dû adopter un plan de restructuration en prévoyant de fermer d’ici 2020 quelques 200 filiales en Allemagne et de supprimer 9.000 postes à travers le monde. Toujours d’après lui, à l’époque des activités reprochées, la SEC était indulgente à l’encontre de la Deutsche Bank. Selon lui, certains dirigeants de la Banque auraient travaillé pour la SEC par le passé.

Transparency International plaide pour une protection juridique des lanceurs d’alerte, notamment à travers un accompagnement de ces personnes qui dans la plupart du temps perdent leur emploi et sont soumises à des pressions psychologiques.

Pour aller plus loin :

Article du Financial Times (en anglais) :

https://www.ft.com/content/c5059fd2-6881-11e6-ae5b-a7cc5dd5a28c

Article du Parisien (en français) :

http://www.leparisien.fr/economie/l-homme-qui-a-refuse-8-m-de-recompense-21-08-2016-6057471.php

Position de Transparency International sur les lanceurs d’alerte :

En anglais : https://www.transparency.org/topic/detail/whistleblowing

En français : https://transparency-france.org/lanceurs-dalerte/